Mais qu'est-ce qu'elle peut bien penser ma petite grand-mère, en voyant disparaître toutes ses copines. En lisant les avis d'obsèques et en découvrant un nom connu. Encore. Des amis. Des parents. Du même âge qu'elle, parfois plus jeunes.
Pense-t-elle qu'il y aura bientôt son nom, qu'il en est ainsi, qu'il faut se résoudre.
Est-ce que les années rendent sage ?
Ou prie-t-elle secrètement, pour pour voir grandir et vieillir ses arrières petits enfants. Pour être miraculeusement oubliée là parmi ceux qu'elle aime.
Chez elle du coup, le temps est supendu. Comme dans le poême. Les objets sont ceux d'un quotidien passé, les meubles n'ont pas bougé. C'est bien comme ça. Parce que c'est rassurant cette maîtrise du temps.