Zarafa / Rémi Bezançon, Jean-Christophe Lie (2012)

Mouais. C'était prévu comme ça. Une matinée cool et un après midi cinéma. Zarafa. Mes enfants qui invitent chacun leur meilleur ami. C'est trop mimi. Sauf que.
Maman -moi, vers 10h du matin, a voulu passer un dvd à son fiston. Lecteur dvd soudainement HS, pas de vaine, on prendre l'ordi portable. Yes, pis crotte, car plus de batterie sur ce satané engin. Pas grave, on va le brancher. Démêler les fils de la télé, du lecteur dvd, du téléphone, de la lampe, de la box, de la platine vinyle, de la guirlande de fleurs, pour retrouver ceux de l'ordi. Oui. en même temps, on pousse un peu les meubles, on nettoie parce que beurk y a plein de moutons, et tiens on découvre un nouvel emplacement pour la plante verte. Du coup, tout s'enchaîne, les fauteuils doivent migrer aussi, le pouf, la table basse, le canapé non il tient pas ailleurs, les grosses enceintes, les jeux des enfants.
Loulou regarde son dessin animé malgré le son pourri craché par cette s* d'ordi, tandis que maman perd une heure et demi à tout déplacer, pour finalement et comme d'habitude, tout replacer. Maman est rouge, la plante est verte. Elle seule a déménagé. Elle sera mieux devant la fenêtre, même si du coup on peut plus l'ouvrir et même si du coup on ne peut plus passer devant non plus.
Ensuite maman court se laver, se préparer, se maquiller, se parfumer et revient bien-sûr toute énervée.
On va chercher le grand à son cours de solfège. Il fait froid, il faut 3 plombes pour s'emmitoufler, même si on sort 5 mn. Retour.
Maman prépare à manger. Le meilleur ami du grand vient déjeûner avec nous. Moment sympa mais speed.
Direction le cinéma. On y retrouve le meilleur ami du petit, et son papa. Beaucoup de monde. Beaucoup d'enfants. Beaucoup de bruit. Sortie ciné goûter organisée par mon CE, donc vagues connaissances à saluer, du bout des lèvres en souriant poliment.
Hmm.
Installés au 2è rang, le nez à 10 cm de l'écran.
Hmm.
Le film commence. Enfin non, les bandes annonces commencent. Enfin non, le son commence. Pas d'images à l'écran. Dommage. 5 mn passent. Les lumières se rallument. Les enfants s'impatientent, les parents aussi. Chacun y va de sa petite note d'humour Si tout le film est comme ça .. Ahahah !!
Puis enfin, voilà, le son avec l'image , des bandes annonces qui ne s'adressent pas dout à un public enfant, même chose pour les publicités (The Kooples avec Cantona et sa nana était sans doute la plus adaptée, c'est dire ...). Quant aux annonces publicitaires locales, je ne saurais dire à qui elles s'adressaient.
Zarafa arrive.
Le début est un peu violent. Un peu comme les débuts de Disney, mais en plus réaliste.
Le film est beau. L'illustration soignée, crayonnée, très agréable.
On parle d'esclavage, d'orphelins, animaux ou humains. De liberté.
La girafe ne parlera que peu. Et avec son coeur.
Un conte africain qui s'adresse à des enfants d'au moins 8 ans.
Hmm.
Puis un goûter organisé, dans une salle inappropriée, à côté d'une autre, semblable mais plus grande où se déroule un thé dansant. Une petite vingtaine de personnes agées assises autour de petites tables, écoutent sans bouger, parler un animateur motivé, qui les incitent à aller danser. La prochaine valse. Ou le prochain madison, je ne sais plus.
Je crois que c'est à cet instant que les larmes me sont pour la première fois monter aux yeux.
Après tout c'est encore enchaîné. Le goûter sinistre et bruyant, épuisant. Le retour aux voitures, dans des éclats de voix, de colère pour tenter de calmer les enfants, excités comme s'il allait encore neiger ... Mon tout petit qui tombe dans l'escalator, ses cheveux qui sont pris dans la marche, mon ami qui le rattrape illico par la capuche, moi qui ne vois rien de tout cela, accaparée par la pénibilité des plus grands.
Moi qui ne me sens pas à la hauteur. Me sens dépassée par les évènements, le regard des gens, le temps qui fâche, le temps qui passe.
Le froid dedans, dehors le blanc.

Ce devait être un chouette petit mercredi.